Interprétation

Quand je ne suis pas

Bon, je n’ai pas encore fini les présentations (la thèse, la foi, tout-ça-tout-ça), mais pas grave, je vous raconterai le reste de ma vie une autre fois. Vous le savez, je suis interprète français – LSF, comme dans interprète français – LSF, mais souvent on confond avec tout un tas d’autres choses, dont je n’arrive toujours pas à saisir la logique sous-jacente. Cet article vise à déconstruire, pour mieux reconstruire ensuite l’image que vous pourriez avoir du métier. Je commence, je suis interprète français – LSF et :

– Je ne suis pas  dans le social. – « ah, c’est vous qui accompagnez Monsieur pour son rendez-vous ? – Non, moi j’interprète Monsieur pour son rendez-vous… Et je vous interpréterai aussi par la même occasion. »

– Je ne suis pas l’ami du sourd. – « alors, vous connaissez Monsieur depuis longtemps ? – depuis une semaine et l’envoie du devis. » (Parce-qu’en plus elle est payée !)

– Je ne suis pas de la famille du sourd. Celle-là, j’y ai droit à chaque fois que le sourd est noir. – « vous êtes de la même famille ? – non, mais ça aurait carrément pu vu que je suis noire comme lui et que nous parlons tous les deux la LSF. »

– Je ne suis pas devin. – « en 14 pour la PVL du bas, ça sera du back up », et je n’invente rien, malheureusement. Euh… Soit on la refait en français, tu me donnes du sens et je fais mon boulot, soit tu continues comme ça, et je te fais du français signé (mot à mot) et on est tous perdants. Et je ne parle même pas des gens qui parlent à toute allure (je vous arrête tout de suite bande de mauvaises langues ; ok j’en fais partie, mais pas quand quelqu’un m’interprète d’abord), ou des gens qui parlent en même temps ; là encore, impossible d’interpréter.

– Je ne suis pas à ta dispo. – « Allô, nous avons besoin d’un interprète pour demain matin, l’entretien annuel de fin d’année. – ah, et il est prévu depuis quand cet entretien ? – depuis 1 mois déjà. »… Et c’est la veille pour le lendemain qu’on pense à réserver (le mot est bien grand) l’interprète.

– Je ne suis pas le père du fils de Rachida Dati. C’était l’occasion de le dire une bonne fois pour toutes.

On avance, on avance !

Gardons latêtefroide.

AA

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