Interprétation/ Langue des signes

Quand je suis interprète

Et la question (légitime) qui suit est, dans 9 cas sur 10 (ne me demandez pas mes sources) : quelles langues ? Jusque-là tout va bien. – «  Français – langue des signes française, – ah donc, tu parles bien anglais ? » Et c’est là que ça se gâte, vous l’aurez compris ; ou peut-être pas encore. Néanmoins, je réponds gentiment : – «  je parle bien anglais (oui oui Noémie ; elle se reconnaitra), mais je ne vois pas le lien. » Ok – mensonge, je le vois très bien le lien : encore un gens qui beugue sur « langue des signes française » et qui fait donc le lien avec ce qu’il connait de plus en lien avec l’interprétation. C’est très courant comme procédé : – «  oh ! Il est mignon le petit, comment il s’appelle ? – Davi. – David ? Super ! – Non, Davi sans D – Oh, Avide ? – Davi, D.A.V.I ! » (histoire vraie).

Tout ça pour dire que ce qui suit vise à briser tous (non, trop ambitieux), certains clichés-a priori-préjugés sur la LSF (langue des signes française). Attention je préviens, de grandes désillusions risquent de prendre place. Let’s go (preuve irréfutable de mon anglais) et en vrac :

  1. La LSF n’est pas internationale – et oui, premier pavé dans la mare. Bizarrement, tous les sourds du monde ne se sont pas réunis un beau matin de printemps pour créer de toute pièce la langue des signes. Donc, la langue des signes (LS) se décline en autant de langues qu’il y a de pays. Et encore, je ne vous dis pas tout (LS émergentes, LS idiosyncrasiques, familio-LS, etc. ; mais je crois que la linguistique ne vous passionne pas autant que moi, alors je m’arrête là).
  2. On peut tout dire en LSF. – «  Ah ouais ? Même un truc de bidule machin chouette d’un cours de chimie à l’université super dur ? ». Souvent, j’ai envie de répondre : – « si toi-même tu n’arrives déjà pas à le dire en français, alors pourquoi est-ce que tu veux le dire en LSF ? », mais je me contente simplement d’un : – «  oui. » ; ça suffit.
  3. Je ne suis pas bénévole. Tout comme les interprètes en langue vocale, les interprètes en LS sont rémunérés… Et plutôt pas mal même. Mais bon, on est en France, je ne parlerai pas d’argent.
  4. Français : langue ; anglais : langue ; LSF : langage. Brrrrr – cherchez l’erreur. Super, on arrive au bout de cet article et l’erreur vous saute aux yeux : le but est atteint. Si en quittant cet article vous retenez que la LSF est une langue à part entière, alors vous pouvez être fiers de vous : vous venez de briser le cliché-a priori-préjugé number 1 dans l’histoire du cliché-a priori-préjugé sur la lan-gue des signes !

Après toutes ces révélations – pas évident – mais tachons de :

Garder latêtefroide.

AA

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2 Comments

  • Reply
    Kauryne
    décembre 9, 2015 at 8:44

    Je suis Fan de ton blog ! Je viens de le découvrir !!!!

    • Reply
      latetefroide
      décembre 9, 2015 at 12:36

      Merci Kauryne ! 🙂 Ravie que ça te plaise !

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