Je raconte ma vie

Quand ma mère m’a menti

Oui, le titre est choquant et pourrait facilement faire la une des journaux (et pas seulement de ceux qui sont gratuits), en ces temps où la fessée pourrait bien être punie par la loi. L’histoire qui suit va en choquer, à raison, plus d’un. Je suis la fille parfaite, je suis la plus belle, et je suis la seule fille au monde à m’appeler Aurélia. Tout cela est forcément vrai vu que c’est ma mère elle-même qui me l’a dit d’abord. Bon, je vous rassure, j’ai vite compris à la naissance de ma sœur, qu’il y avait une autre fille parfaite, et en entrant à la maternelle, que ma copine Cécile était bien plus jolie que moi. Mais ce n’était pas grave, je restais quand même la seule fille au monde à m’appeler Aurélia ; du moins, s’il y en avait une autre, elle était forcément plus jeune que moi et ce n’était qu’une recopieuse de Paris – nah.

Oui, je me souviens encore de ma mère me racontant l’histoire de mon prénom : « tu étais ma première fille et je voulais que tu sois unique. J’aimais bien le prénom Aurélie, mais beaucoup trop répandu, alors j’ai inventé ton propre prénom : Aurélia. » Whoua ! Et voilà comment je me suis sentie spéciale et unique pendant les 8 premières années de ma vie.

Le mensonge a été mis au grand jour un jeudi après-midi de CE2 ; il n’y avait plus de lait le matin au petit déjeuner, la journée commençait déjà mal. Cours de récrée de l’école François Villon : – « Aurélia ! », je me retourne et l’autre fille aussi (grrrr – qu’est-ce qu’elle a elle ? – je l’ai tout de suite détestée, par principe !)… et visiblement ce n’était pas moi qu’on appelait mais, elle. Oh ! Scandale ! En plus, elle est en CM1… Peut-être qu’elle a sauté une classe ? Je mène l’enquête, comme j’en ai le secret – déjà à l’époque – et j’apprends que cette fille a un an de plus que moi ! Je m’effondre, je suis au bout de ma vie. Mais je me relève rapidement, ça s’est joué de peu après tout. Et puis, j’ai 14 ans et la collègue de ma mère qui en a 30 s’appelle Aurélia… Là, j’ai compris et accepté : ma mère m’a menti. Et, ma singularité ne sera ni dans ma perfection, ni dans ma beauté, et encore moins dans mon prénom !

Quelques séances chez le psy plus tard (comprendre mes frères qui se payent ma tête !), une bonne crise à ma mère et c’était reparti, j’ai continué à :

Garder latêtefroide,

AA

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